Dans le sillage de Vatican II .
Nous pouvons lire dans l’exposé préliminaire de la Constitution Gaudium et Spes (n°4) : « l’Eglise a le devoir, à tout moment, de scruter les signes des temps et de les interpréter à la lumière de l’Evangile, de telle sorte qu’elle puisse répondre, d’une manière adaptée à chaque génération, aux questions éternelles des hommes sur le sens de la vie présente et future et sur leurs relations réciproques . Il importe donc de connaître et de comprendre le monde dans lequel nous vivons, ses attentes, ses aspirations, son caractère souvent dramatique . »
Déjà en 1959 , Jean XXIII dans son Encyclique Pacem in terris observait des « signes
des temps » dans les rapports humains , entre états , entre communautés politiques , avec la communauté mondiale … En 1965 , Gaudium et
Spes repérait des tendances contradictoires entre le progrès dans la connaissance psychologique humaine et les interrogations fondamentales des hommes de ce temps ; entre
les progrès économiques et le développement de la faim dans le monde ; entre des progrès dans la recherche d’une certaine unité et des comportements individualistes ; entre de timides
progrès vers plus de justice , mais l’oubli de la dimension spirituelle ; un mélange complexe d’espoir et d’angoisse .
Dans le message de clôture du Concile , les Pères s’adressaient aux « pauvres et délaissés , aux persécutés pour la justice , aux inconnus : vous êtes les préférés du Royaume , les frères du Christ … ; vous êtes les appelés du Christ , Sa vivante et transparente image . »
A la même époque , Jean VANIER fondait l’ARCHE , lieu de vie où des personnes handicapées sont reconnues dans leur dignité . Aujourd’hui, ce sont 140 communautés qui rayonnent leur joie de vivre
dans le monde ! A l’occasion du 50ème anniversaire de l’ouverture de Vatican II, Jean VANIER nous invite dans son dernier ouvrage à une lecture des signes des temps en analysant
les conditions d’une vraie rencontre avec les personnes fragilisées et en proposant un visage renouvelé pour notre Eglise .
Comme dans les années 60, notre monde actuel est marqué de contradictions entre :
- La normalisation et le souci de ma réputation / l’éveil de la conscience , responsabilité des parents dans l’éducation de leurs enfants ;
L’exclusion
(2MM d’êtres humains végètent dans des bidonvilles) / le rencontre , exigeant beaucoup d’humilité
-
Le pouvoir abusif de ceux qui savent tout sur tout -et ses dangers / l’autorité qui
aide les gens à développer leur sens de la responsabilité , leur créativité , leur liberté
-
L’isolement et son cortège de tristesse (900 000 malades Alzeimer ) , la cruelle sensation que
les jeunes semblent ne pas avoir d’idéal ) / la vie en communauté
- La force de certaines lois , des addictions / la vulnérabilité (domaine éthique)
Tous ces
points sont illustrés de situations bien concrètes et actuelles . « Il faut oser œuvrer ensemble pour un monde nouveau où les problèmes sont à affronter, un par un, à l’aide des différentes disciplines, un monde plus humain où nous
nous
écoutons réellement les uns les autres . »
Face à cette complexité , comment ne pas céder à la morosité ambiante ? « Les crises se multiplient … Certains pensent qu’elles nous empêchent
de trouver le chemin de l’ espérance . Mais au contraire , nous arrivons peut-être à un moment propice pour penser
le monde d’une manière nouvelle, pour sortir de visions périmées et pour être créatifs ! »
Quel visage pour l’Eglise ?
Jean VANIER ne passe pas sous silence l’infidélité de ses membres , jusqu’aux scandales récents . Il cite Benoit XVI qui affirme que l’action sociale pour un chrétien nécessite aussi et surtout
le développement du cœur ; les témoignages prophétiques de la Communauté de Taizé et les rencontres œcuméniques , des moines de Tibhirine et les rencontres inter-religieuses . Il
nous livre cette question : « l’Eglise ne
risque-t-elle pas de s’enfermer dans une ritualisation ? Sans la transformation réelle et profonde de nos cœurs , la Foi ne change rien à la vie . »
La spiritualité présente tout au
long de l’ouvrage est celle des Communautés de l’Arche et permet une interprétation à la lumière de l’Evangile , principalement des chapitres 12 à 15 de Jean , du ch. 25 de Matthieu et des
lettres de St Paul . On y fréquente aussi de grands témoins : François d’Assise , Dom Helder Camara , Mère
Térésa , Jean-Paul II , le Père Joseph d’ATD …Certes , des situations absurdes et injustes secouent notre monde , mais
quand l’amour prend le relais , alors , tout devient possible ! En conclusion : « le mystère auquel nous sommes appelés est de vivre comme
Jésus qui , Lui-même , est devenu petit et faible . »
On reste bien sûr dans la même ligne en découvrant le
Message de clôture adressé par les Evêques du Synode le 26 octobre dernier :
« Il nous faut favoriser des
communautés accueillantes , dans lesquelles tous les exclus se sentent chez eux … et qui , avec la force ardente de l’amour , attirent le regard désenchanté de l’humanité contemporaine
… C’est notre devoir de vaincre la peur par la foi , le découragement par l’espérance , l’indifférence par l’amour …Nous
ne nous sentons pas intimidés par les conditions des temps que nous vivons .C’est un monde plein de contradictions et de défis , mais toujours aimé de Dieu , dans lequel peut germer à nouveau la
semence de la Parole de Dieu afin qu’elle donne du fruit neuf . »

Constatant qu'aujourd'hui, dans de grands secteurs de la société, on

Le mensuel Prions
en Eglise nous explique le logo : " un symbole graphique accompagne cette année : une barque, image de l'Eglise, navigue sur les flots du monde . Son mât est une croix . Ses
voiles portent en filigrane ce rappel essentiel, coeur de la Foi chrétienne : 
Outre les prescriptions pour le rituel des sacrifices, la consécration des prêtres, la définition de ce qui est pur ou impur, la purification des lépreux, on peut lire ( chapitre 16 ) les
caractéristiques du Yom Kippour, jour du pardon demandé à Dieu par le peuple . C'est une très grande fête aujourd'hui encore pour les Juifs .
permettre de tout accaparer égoïstement : et les
pauvres ? et les étrangers ? Injustices, fausses accusations, rumeurs, haine, vengeance ... vont céder la place à l' amour du prochain : " chacun de vous doit aimer son
prochain comme lui-même" ( ch 19, verset 18 ) . Jésus reprendra ce commandement en le mettant sur le même plan que celui de l'amour pour Dieu ( Marc 12.28-33 / Matthieu 22.34-40 / Luc 10.25-28 )
. A quoi bon aimer Dieu si je maltraite mes semblalbles ?


Transmettre

a Bible accessible à tous