De l’entrée triomphale à Jérusalem
à la condamnation à mort
Des scènes qui sont dans toutes nos mémoires, au point de ne plus beaucoup nous étonner … Si nous prenions le temps, après avoir visionné cet épisode du film, de les relire, d’en faire une lecture pratique, un détour par la vie actuelle qui pourrait nous conduire au cœur du réel …
Jésus chasse les changeurs du Temple : Le Père Jean CORBINEAU, qui fut longtemps prédicateur au Jour du Seigneur, disait que «ces gens étaient indispensables pour que le culte puisse exister. Les témoins de cette scène avaient été horrifiés : pourquoi autant d’acharnement ? Les Prophètes dénonçaient déjà, et avec quelle vigueur, l’incohérence entre ce qu’on célébrait et ce qu’on pratiquait dans la vie quotidienne … Et pour nous aujourd’hui ? Les paroles de Jésus n’ont rien perdu de leur actualité : aujourd’hui encore, le Corps du Christ est livré aux marchands, corps d’hommes et de femmes vendus, prostitués, humiliés, suppliciés, écrasés par des missiles … Devant tout ce qui défigure, mercantilise, profane le visage de l’homme – et donc le Corps du Christ – notre devoir est de protester et de résister. »
Aimer son prochain comme soi-même : « Utopique, voire dangereux ? Il ne s’agit pas de fermer les yeux devant les drames, les atrocités et la violence ! Il s’agit de scruter toutes les démarches de réconciliation, les efforts de solidarité, toutes tentatives de promotion de la dignité humaine. On a osé appeler Calcutta la Cité de la joie, car l’amour transfigure même le pire ! Mais ne pensez pas seulement aux géants de l’amour : regardez tout près de vous, en vous. Cet amour, il est vécu dans les familles, il s’appelle tendresse, affection, dévouement ; dans la vie professionnelle, il s’appelle respect de celui qui travaille et du chômeur ; il est vécu dans l’humble vie de tous les jours, où des milliers, d’hommes, de femmes, de jeunes, d’enfants, manifestent leur amour pour les autres dans des responsabilités à portée de leurs mains. Oui, l’amour existe ! Il ne vous étonne pas, car c’est Dieu qui l’ a semé dans le cœur de tout homme et c’ est pourquoi cet amour aura le dernier mot. (autre homélie du P. GORBINEAU)

Le Cardinal BARBARIN complète, en précisant (Jean 13, 34) : «Comme je vous ai aimés … Là, on est sûr que ce sera parfait ! l’amour qui sort du cœur de Jésus, voilà assurément l’idéal ! Mais un idéal qui nous semble inaccessible … La solution n’ est pas en nous, nous ne pouvons y parvenir par nos propres forces. (dans son ouvrage Dieu est – Il périmé ?)
L’ Eucharistie : « Au cours de chaque Eucharistie, toute l’ Eglise et chaque chrétien
sont invités à faire mourir les forces du mal et à renaître, en communiant au Christ, Source de croissance de l’homme nouveau …Là se manifeste la finalité de notre rapport avec l’ensemble de la Création … Par le Pain Eucharistique, le Christ a tout ennobli, sacralisé et divinisé … C’est pourquoi, ne perdons pas courage : même si l’ homme extérieur va vers sa ruine, l’ homme intérieur se renouvelle. » (P. M. HUBAUT, Ne désespère jamais)
Gethsémani : « Seule la certitude de l’ Amour du Père rendit Jésus capable de surmonter l’épreuve de la mort et de l’échec … Dans l’ordre de l’amitié humaine, Son grand échec, ce sont le disciples, et Judas au plus haut point : il n’ a pas su lire la Miséricorde dans les yeux de son Maître … Et nous ? Notre défaut provient du fait de ne pas avoir découvert , dans le Mystère du Christ souffrant et abaissé, la Gloire de Dieu ; nous sommes exhortés à garder les yeux fixés sur Jésus, qui est à l’ origine et au terme de la Foi. » (Pape François, réflexions sur l’ Espérance)
« Que Ta volonté soit faite ! » La volonté du Père ? Le bonheur de Ses enfants ! Par amour. Demandons-nous : qu’est-ce que cet amour nous invite à faire à chaque instant ? Ce renouveau d’intelligence (Rom 12), à l’opposé de l’esprit du monde, nous rétablit dans notre dignité devant Dieu. Mais comme cette volonté n’est pas toujours suivie – loin s’en faut ! – Dieu entre dans notre humanité, Il n’est pas un dieu-pharaon, mais le Dieu miséricordieux. S’il y avait une quelconque contrainte, Il ne serait plus Dieu. Il se retire, en quelque sorte, pour mieux nous laisser grandir. Le chemin d’obéissance de Son propre Fils, non pas une obéissance servile, ni une capitulation, mais une pleine communion avec Son Père, passe par la mort, et la mort sur la Croix. (d’après la série de Carême 2017 sur le Notre Père dans la Foi prise au mot de KTO)
