14 janvier : Journée mondiale du migrant et du réfugié
La première sortie du Vatican du Pape François le 8 juillet 2013 avait été pour se rendre sur l’île de Lampedusa où étaient arrivés des milliers de migrants qui avaient traversé la Méditerranée dans des conditions dramatiques.
Le message du Pape, daté du 15 août 2017, a suscité de nombreux débats et de vives réactions, bien peu relayés par les médias, il est vrai. Des intellos de tous bords ne voient les mouvements migratoires que sous l’angle d’un problème et réclament la fermeture des frontières, car nos pays, selon eux, vont devenir de vastes aéroports où tout le monde pourra entrer ; ce sera une prime à l’anarchie… D’autres reprochent au Pape de vouloir accorder à tous des droits sans imposer des devoirs… Certains prédisent que Rome va tomber sous la domination de l’Islam … Bref, François fait preuve d’un angélisme naïf et dangereux …
Le quotidien La Croix, les hebdos Pèlerin, La Vie, Famille Chrétienne nous aident à démêler le vrai du faux : Le message du Pape est d’abord adressé à l’Eglise, au peuple de Dieu (et non aux états). C’est un texte engagé, certes, mais pragmatique. Ce qui aurait été choquant, c’est que la Pape ne montre pas une nouvelle fois son soutien aux migrants et aux réfugiés. (Notons au passage que la 1ère Journée fut instituée par Benoît XV en 1915 !)
Le Pape nous appelle à agir avec générosité, rapidité, sagesse et clairvoyance pour accueillir, protéger, promouvoir et intégrer.
Et pour cela, il propose des mesures bien concrètes (visas temporaires spéciaux, regroupement familial, garantie d’un minimum vital …) Il va à contre-courant et veut favoriser « la culture de la rencontre » Le migrant peut être une chance, c’est une grande tradition dans la Bible et dans l’Eglise, car c’est souvent l’étranger qui mène à Dieu. Le Pape reste toujours attentif aux situations de mal-être matériel et moral qui blessent l’humanité de notre temps ; il garde pour souci l’accomplissement de l’humanité en toute personne, le développement humain intégral.
Le Cardinal PAROLIN au Vatican croit fermement qu’«un chemin est possible si nous acceptons d’avoir confiance en Dieu et en l’homme. Il faut abandonner derrière nous les complaisantes certitudes que nous avons acquises en nous engageant dans une authentique conversion du cœur, de nos priorités, de notre style de vie. »
En commentant dans ses homélies des 22 et 29 octobre dernier (Mt 22 , 15-21 , Ex 22 , 20-26 et Mt 22 , 34 – 40), le P. Broult nous a rappelé nos devoirs de citoyens et de chrétiens face aux situations vécues par les migrants et les réfugiés. Et même si nous nous sentons relativement peu concernés, nous pouvons au moins nous associer à cette prière du Pape : «Confions à la maternelle intercession de Marie les espérances de tous les migrants et réfugiés du monde et les aspirations des communautés qui les accueillent, afin que, selon le plus grand commandement de Dieu, nous apprenions tous à aimer l’ autre, l’ étranger, comme nous-mêmes.»
Le texte intégral du Message est sur le site du Vatican (rubrique « messages »)
