Piété et dévotion
Faire bénir des médailles , des chapelets , des images , des motos , des autos … , vénérer des reliques , faire brûler un cierge , aller en pèlerinage en Terre Sainte , à Rome , à Lourdes , Paray , Issoudun … ou plus près de chez nous (à Colombier , Hyds , Durdat…) , autant de démarches qui prêtent parfois à sourire et qui sont taxées de sensiblerie , de superstition , de magie . En y regardant de plus près , nous pouvons trouver là un véritable élan du cœur , un acte de confiance envers Dieu , présent dans nos vies , une action de grâce . Ces gestes concrets prouvent que nos contemporains cherchent autre chose que les gadgets proposés par la société de consommation pour combler leur cœur ; nous pouvons « apprendre sur la façon dont la tendresse de Dieu accompagne les gens sur des chemins étonnants …Nous ne savons rien du dialogue intime qu’ils nouent avec le Seigneur , c’est un cœur à cœur qui ne nous appartient pas. » ( Recteur d’un sanctuaire célèbre à Paris)
Ces convictions s’appliquent aussi à une tradition locale à laquelle parents et grands-parents , et aussi beaucoup de personnes plus ou moins proches de l’Eglise tiennent : les bénédictions des enfants et des petits pains le Jeudi Saint . Cette célébration s’appuie sur le très officiel Rituel des Bénédictions , la Parole de Dieu et la brêve homélie donnée par le prêtre ou par le diacre est l’occasion d’une catéchèse qui , d’une manière ou du autre , portera du fruit .
Le Pape Paul VI , dans Evangelii nuntiandi (1975) , explique que la piété populaire « traduit une soif de Dieu que seuls les simples et les pauvres peuvent connaître , elle rend capable de générosité quand il s’agit de manifester la Foi. »
Benoît XVI voyait en elle « un précieux trésor de l’Eglise catholique »
Pour le Pape François , la piété populaire est « l’expression authentique de l’action missionnaire spontanée du peuple de Dieu . Il s’agit d’une réalité en développement permanent où l’Esprit Saint est l’agent premier … Elle porte en elle la grâce de la mission , du sortir de soi et d’être pélerins … Le fait de marcher ensemble vers les sanctuaires et de participer à d’ autres manifestations de piété populaire , en amenant aussi les enfants , est en soi un acte d’ évangélisation . Nous sommes appelés à l’encourager et la fortifier . » Notre Evêque nous y invitait aussi lors de sa visite pastorale .( Nous pouvons lire les § 122 à 126 de la joie de l’Evangile)
Le Concile Vatican II nous éclaire aussi sur la dévotion à la Vierge Marie et aux Saints :
« les fidèles doivent se rappeler que la vraie dévotion mariale ne consiste ni dans un sentimentalisme stérile et passager , ni dans une certaine crédulité vaine , mais qu’elle procède de la vraie Foi … , qu’elle nous pousse à un amour de fils envers notre Mère et à l’imitation de ses vertus . » (Lumen Gentium n°67)
« Nous ne vénérons pas la mémoire des Saints uniquement pour leur exemple , mais plus encore pour que l’union de toute l’Eglise dans l’Evangile se fortifie par la pratique de la charité fraternelle . » (Lumen Gentium n° 49)
